Projet EVA

Nous sommes les fils et les filles de l’électricité

2016

NSFFDE est un projet hybride alliant performance, spectacle vivant participatif et arts numériques. À travers un traitement esthétique et un déploiement technologique évoquant les expériences de manipulations mentales sous psychotropes mises en place par la CIA dans les années 50, Nous sommes les fils et les filles de l’électricité implique son public dans une mise en scène déroutante afin de le reprogrammer.

Alliant performance, spectacle vivant participatif et arts numériques, NSFFDE constitue une proposition interdisciplinaire radicale. Dans un espace plongé dans l’obscurité, les visages des membres du public sont éclairés par un ensemble de picoprojecteurs. La tête de chacun est ainsi coupée de son corps et disposée de manière à ce que le regard de chacun porte sur l’autre. Dans cet environnement, les visages des spectateurs sont illuminés et modifiés par des projections vidéos. Des instructions comportementales sont données aux spectateurs afin de permettre le développement d’une trame narrative où ces derniers deviennent les membres de cette communauté fictive. Jouant chacun son propre rôle, les membres du public exploreront les thèmes de l’identité personnelle et culturelle, du devenir collectif et politique à travers le filtre de la dynamique du pouvoir.

NSFFDE propose une observation sur l’aliénation de l’identité et de la mémoire, individuelles et collectives, dans la société contemporaine. Cette pièce propose également d’explorer le rôle de certains courants contre-culturels émancipateurs et le rêve d’une transformation radicale de la société qu’ils ont porté. Derrière le titre de cette performance se profile une foule de thèmes reliés à la genèse d’une humanité nouvelle qui, sous l’impulsion du développement technologique, aurait quitté le champ de la nature pour devenir un phénomène culturellement déterminé. Sans traiter spécifiquement de transhumanité, NSFFDE s’intéresse à l’impact de la technologie sur la psyché humaine.
Le développement des technologies de l’information, corollaire de la domestication de l’électricité et de sa projection dans l’univers de la manipulation symbolique autrefois strictement limité au fait humain, a changé la perception que nous avons de “l’esprit”.

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Ce lieu autrefois purement virtuel est devenu un champ opératoire répondant à un découpage qui s’apparentait autrefois strictement aux sciences pures. L’emploi de drogues psychédéliques et d’électro-chocs afin de “re-configurer” les potentiels d’un cerveau et l’emploi de batteries de tests psychosociologiques reposant sur des catégories échappant à la tradition psychodynamique sur de grands échantillons analysés ensuite par ordinateur sont, par exemple, des indicateurs de ce glissement. En parallèle, le développement de communautés artificielles répondant à des segments de population qui sont en fait générés par les outils qui prétendaient réussir à produire un portrait plus “juste” de ses sujets vient compléter ce tableau de la dénaturation progressive de l’humanité. NSFFDE propose une exploration critique et cynique de la domestication de l’humain rendue possible par l’anthropotechnique.

Crédits

Idée originale et conception
Simon Laroche
Etienne Grenier

Assistance / Recherche à l’écriture
Nicholas Belleau
Éric Berthiaume

Assistance / Conception audiovisuelle
Nick Walkers
Nicolas Pfeiffer
Hejer Chelbi

Assistance / Conception technique
Robocut

Costumes
Carole Berthet-Bondet
Marie-Isabelle Witty Lampron

Documentation photo et vidéo
Gridspace
David Huwiler
Projet EVA

Remerciements
Les Productions Recto-Verso
Agence Topo

Partenaires